Africa Energy Forum 2025 – Le Cameroun dévoile son Compact Énergétique

Africa Energy Forum 2025 – Le Cameroun dévoile son Compact Énergétique : cap sur 100 % d’accès à l’électricité, 8 millions de nouveaux raccordements et 3 000 MW installés d’ici 2030
Remarquable et convaincante, la présentation du Ministre Gaston ÉLOUNDOU ESSOMBA a marqué une étape décisive vers la validation et la mise en œuvre du Compact Énergétique. Porté par une vision structurée et ambitieuse, le document a été salué pour la clarté de ses objectifs, la solidité de son calendrier d’exécution et son potentiel à mobiliser des investissements privés.
Le Cameroun a dévoilé ce vendredi 20 juin à 9h30 (heure du Cap), au cœur de l’Africa Energy Forum 2025, son Compact Énergétique, un document stratégique de référence visant à atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici 2030.
Présenté par le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston ÉLOUNDOU ESSOMBA, ce Compact a été au centre d’une session de haut niveau réunissant les représentants de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement (BAD), des partenaires techniques, des investisseurs stratégiques ainsi que plusieurs fondations philanthropiques.
Une relance diplomatique amorcée à Washington
La session de Cape Town intervient après une première présentation du Compact à Washington, lors des Assemblées de printemps de la Banque mondiale et du FMI. À cette occasion, le Cameroun avait amorcé une offensive diplomatique pour poser les fondements de son nouveau modèle énergétique, structuré autour d’une vision ambitieuse et d’indicateurs mesurables.
Six objectifs pour une transformation durable du secteur
Le Compact Énergétique camerounais repose sur six objectifs structurants :
• Connecter 8 millions de personnes supplémentaires, pour porter le taux d’accès à l’électricité à 100 %
• Porter à 40 % l’accès à la cuisson propre, afin de réduire la dépendance au bois-énergie
• Réduire de 16,9 % l’intensité énergétique nationale à l’horizon 2030
• Augmenter la capacité installée à 3 000 MW, dont 10 % issus des énergies renouvelables
• Renforcer les interconnexions électriques régionales, pour atteindre 1 000 MW de capacité transfrontalière
• *Rééquilibrer les finances du secteur, avec un objectif de 90 % de taux de recouvrement des paiements.
Des réformes ambitieuses pour un climat favorable aux investisseurs
Pour atteindre ces cibles, le Cameroun s’appuie sur un ensemble de réformes structurantes :
• Révision du cadre législatif et réglementaire du secteur énergétique ;
• Création d’un code des mini-réseaux pour soutenir l’électrification rurale ;
• Incitations fiscales et douanières ciblées pour les investisseurs ;
• Restructuration d’ENEO, l’opérateur principal de distribution d’électricité ;
• Création d’un fonds de stabilisation des paiements, garantissant la solvabilité de la chaîne de valeur énergétique.
Ces mesures visent à rendre le secteur plus attractif, en instaurant un environnement prévisible et sécurisé pour les capitaux privés.
Un levier de diplomatie énergétique
La présentation de Cape Town s’inscrit dans une stratégie plus large de diplomatie énergétique proactive, visant à :
• Mobiliser des financements durables ;
• Renforcer la confiance des investisseurs internationaux ;
• Consolider le rôle du Cameroun comme hub énergétique en Afrique centrale.
L’inscription du Compact dans le cadre de l’initiative Mission 300 – Powering Africa confirme la volonté du pays de devenir un acteur incontournable de la transition énergétique africaine, en misant sur la résilience, l’innovation et l’équité d’accès.
Une réception favorable des bailleurs et des partenaires
À l’issue de la présentation, les bailleurs de fonds ont salué une vision claire, structurée et conforme aux standards internationaux. Le Compact camerounais s’est distingué par la rigueur de son architecture, la précision de ses indicateurs et la crédibilité de son calendrier de mise en œuvre.
Selon plusieurs partenaires techniques et financiers, ce document constitue désormais un socle fiable pour canaliser les investissements privés, renforcer la transparence sectorielle et crédibiliser les efforts de réformes. Des engagements concrets et des promesses de soutien ont été exprimés à l’issue de cette session, consolidant la dynamique enclenchée à Washington.

 
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