AUDIENCE AU MINEE : LE MINISTRE GASTON ELOUNDOU ESSOMBA REÇOIT L’AMBASSADRICE D’ITALIE AU CAMEROUN
Le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, S.E. Gaston Eloundou Essomba, a reçu en audience, ce vendredi 19 juin 2026 à Yaoundé, S.E. Mme Natalia Sanginiti, Ambassadrice d’Italie au Cameroun, accompagnée de M. Riccardo Rossi Van Lamsweerde, Chef du Bureau régional de la Cassa Depositi e Prestiti (CDP), basé à Abidjan.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations de coopération entre le Cameroun et l’Italie, avec un accent particulier sur le développement des infrastructures énergétiques et la mobilisation des investissements au profit des projets prioritaires du Cameroun.
UNE COOPÉRATION ITALO-CAMEROUNAISE AU SERVICE DES INFRASTRUCTURES ÉNERGÉTIQUES
Au cours des échanges, le Ministre de l’Eau et de l’Énergie a présenté les grandes orientations du développement énergétique du Cameroun ainsi que les opportunités d’investissement offertes aux partenaires internationaux.
Il a notamment évoqué le projet énergétique de Dibombé, qui a récemment fait l’objet d’une reconfiguration et qui est désormais porté par un partenaire italien. Dans sa nouvelle configuration, la capacité de la composante hydroélectrique a été revue, passant de 63 MW à 25 MW. Le projet intègre également une composante solaire d’une capacité de 15 MW, traduisant la volonté du Gouvernement de promouvoir un mix énergétique plus diversifié et de développer des sources d’énergie plus rapidement mobilisables.
Le Ministre a précisé que les procédures relatives à la signature du Mémorandum d’Entente destiné à finaliser la maturation du projet sont actuellement en cours au niveau des instances gouvernementales.
Les discussions ont également porté sur la contribution que pourrait apporter la Cassa Depositi e Prestiti au financement des infrastructures énergétiques camerounaises. Institution financière publique italienne, la CDP dispose d’une expertise reconnue dans l’accompagnement des projets structurants, notamment dans les domaines de l’énergie, des infrastructures et du développement durable.
RESTRUCTURATION DU SECTEUR ÉLECTRIQUE : LE CAMEROUN MISE SUR LES GRANDS OUVRAGES ET LE SOLAIRE
Le Ministre a également présenté à ses hôtes les grandes orientations de la restructuration du secteur de l’électricité engagée par le Gouvernement. Cette réforme vise notamment à rétablir durablement l’équilibre financier du secteur, à améliorer les performances des différents acteurs de la chaîne électrique, à sécuriser les investissements et à garantir un accès plus fiable et plus durable à l’électricité.
« Le Gouvernement veut stabiliser le secteur et améliorer la production », a déclaré le Ministre, rappelant que cette ambition repose sur un vaste programme d’investissements dans la production, le transport et la distribution de l’électricité.
S’agissant du barrage hydroélectrique de Kikot, il a insisté sur son caractère prioritaire dans la stratégie énergétique du Cameroun. Avec une capacité projetée de 500 MW, cet ouvrage constitue l’un des projets majeurs destinés à accroître significativement l’offre nationale d’électricité et à soutenir l’industrialisation du pays.
Le Ministre a également indiqué que le projet hydroélectrique de Minkouma est actuellement en cours de développement et viendra renforcer les capacités de production du pays dans les prochaines années.
Évoquant le barrage de Bini à Warak, il a fait savoir que les études sont à un stade avancé et qu’un accord a été trouvé pour la signature du contrat de développement, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle étape dans la concrétisation de ce projet structurant.
Toutefois, le Ministre a relevé que le calendrier de réalisation des grands ouvrages hydroélectriques impose au Cameroun de développer simultanément d’autres sources de production plus rapidement mobilisables.
« Le calendrier nous oblige à développer d’autres sources rapides », a-t-il déclaré, insistant sur le développement des projets solaires, notamment dans la partie septentrionale du pays.
À cet effet, il a indiqué que le Gouvernement, avec l’appui de la Banque mondiale, conduit actuellement des études en vue du développement de trois centrales solaires de capacités importantes dans cette partie du territoire. Ces infrastructures permettront d’accroître rapidement l’offre d’électricité et de diversifier le mix énergétique national.
Le Ministre de l’Eau et de l’Énergie a également invité les partenaires italiens à s’intéresser davantage au transport de l’électricité. « La dimension transport devrait continuer à bénéficier de l’attention de nos partenaires. Ils devraient s’y intéresser », a-t-il souligné, rappelant que l’augmentation de la production doit nécessairement s’accompagner d’un renforcement du réseau de transport afin d’acheminer efficacement l’énergie vers les centres de consommation.
Il a enfin réaffirmé que la SOCADEL a besoin d’être soutenue afin de relancer les investissements et d’accompagner les ambitions du Cameroun dans le domaine énergétique.
Cette audience témoigne de l’intérêt croissant des partenaires internationaux pour les réformes engagées dans le secteur énergétique camerounais et de la volonté du Gouvernement de nouer des partenariats solides autour des projets prioritaires du pays. À travers la restructuration du secteur de l’électricité et la mise en œuvre d’infrastructures majeures, le Cameroun poursuit sa marche vers un système énergétique plus performant, plus résilient et davantage au service du développement économique et social.
Urbain Claude Nlate Ndongo
