ÉLECTRICITÉ: LE MINEE MET LA PRESSION SUR LE DEUXIÈME CORRIDOR D’ÉVACUATION
ÉLECTRICITÉ: LE MINEE MET LA PRESSION SUR LE DEUXIÈME CORRIDOR D’ÉVACUATION
Au lendemain de la visite de la centrale hydroélectrique de Nachtigal avec une importante délégation de l’Union européenne, le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a consacré ce mercredi 7 octobre 2026 la première journée de sa mission dans le Littoral au suivi du deuxième corridor d’évacuation de l’énergie. De Nyom 2 à Edéa, puis de Béon à Piti-Dibamba et Ngodi Bakoko, le membre du Gouvernement a passé en revue les ouvrages de transport. Son message aux entreprises est ferme. Les engagements doivent être tenus et aucun nouveau glissement du calendrier ne sera accepté.
Au lendemain de Nachtigal, l’attention se déplace de la production vers le transport. Gaston Eloundou Essomba a parcouru plusieurs chantiers destinés à acheminer l’énergie vers les grands centres de consommation et à renforcer la fiabilité du Réseau Interconnecté Sud.
L’un des principaux ouvrages inspectés est la ligne 400 kV Nyom 2-Nkolkoumou-Béon, à Edéa. Avec 397 pylônes et une capacité de transit de 1 500 MW, cette infrastructure constitue une véritable « autoroute de l’électricité » entre Yaoundé et Edéa.
À différents points du tracé, le Ministre a constaté l’évolution des travaux et échangé avec les entreprises sur les contraintes qui subsistent ainsi que sur les moyens à mobiliser pour accélérer le chantier.
« On ne peut pas dépasser novembre »
Au pylône 155 à Sombo, Gaston Eloundou Essomba a demandé une nette accélération du rythme d’exécution. Pour le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, « la pression sera au comble » dans les prochaines semaines. Les entreprises doivent mobiliser les moyens humains, matériels et logistiques nécessaires pour tenir le calendrier annoncé. « On ne peut pas dépasser novembre », a-t-il insisté.
L’achèvement de la ligne 400 kV constitue une étape déterminante du deuxième corridor. Cette infrastructure doit renforcer les capacités de transport de l’électricité et améliorer la circulation de l’énergie entre les principaux pôles de production et de consommation.
Au poste d’Edéa-Béon, les travaux affichent désormais un taux d’exécution de 95 %. Le Ministre a toutefois demandé des explications sur le décalage de l’échéance initiale. Lors de sa précédente visite, l’entreprise s’était engagée à achever le poste à la fin du mois d’octobre.
Les responsables du chantier ont notamment expliqué ce retard par l’arrivée tardive d’un câble principal. Cet équipement est désormais disponible et les dernières opérations peuvent se poursuivre.
Une nouvelle échéance a été arrêtée au 15 novembre 2026. Les principaux équipements étant déjà sur place, le poste entre ainsi dans sa dernière phase.
« Notre point d’attention, c’est la ligne », a indiqué Gaston Eloundou Essomba avant de poursuivre l’inspection sur le terrain.
« Il est hors de question qu’il y ait un glissement »
Après Béon, la mission s’est poursuivie sur la liaison 225 kV Edéa-Béon–Piti-Dibamba, réalisée dans le cadre du Projet d’Interconnexion des Réseaux Électriques du Cameroun et du Tchad, PIRECT.
Sur plusieurs points du tracé, notamment au pylône 4, le Ministre a demandé un renforcement des moyens mobilisés sur le chantier.
Les difficultés d’accès en saison des pluies ainsi que la disponibilité des grues ont été évoquées pour expliquer le rythme des travaux. Deux grues sont actuellement mobilisées. Gaston Eloundou Essomba a demandé que davantage de moyens soient engagés chaque fois que les conditions d’accès au chantier le permettent.
Pour le Ministre, les périodes favorables doivent être pleinement mises à profit. Les voies d’accès étant prévues dans les obligations contractuelles, elles ne sauraient constituer durablement une justification aux retards.
« Il est hors de question qu’il y ait un glissement », a-t-il martelé, avant de rappeler que « les engagements pris restent des engagements ».
La délégation a poursuivi son inspection vers Piti-Dibamba et Ngodi Bakoko, où se déroulent notamment les opérations de fondation, d’assemblage et de montage des pylônes ainsi que les travaux sur les postes associés.
Cette mission s’inscrit dans la continuité directe de celle effectuée la veille à Nachtigal. Avec une puissance installée de 420 MW, la centrale hydroélectrique apporte une capacité importante au système électrique camerounais. Mais cette énergie doit pouvoir être transportée efficacement vers les ménages, les administrations et les entreprises.
C’est tout l’enjeu du deuxième corridor d’évacuation.
Avec 397 pylônes sur la ligne Nyom 2–Edéa, une capacité de transit de 1 500 MW, un poste d’Edéa-Béon réalisé à 95 % et plusieurs liaisons 225 kV en cours d’achèvement, cette véritable « autoroute de l’électricité » entre dans une phase décisive.
Pour le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, le temps des reports doit désormais céder la place à celui des résultats. Les entreprises sont attendues sur le respect des engagements pris sur le terrain.
En marge de cette mission consacrée au suivi des infrastructures électriques, Gaston Eloundou Essomba s’est également rendu à l’orphelinat Notre-Dame de la Providence, appartenant à la Congrégation des Sœurs Marie Servante de Douala.
Le Ministre y a assisté à une cérémonie de remise de dons aux pensionnaires de l’établissement, organisée par l’entreprise Kalpa Taru. Il s’est lui-même associé à cet élan de solidarité en remettant des dons à l’orphelinat, dans une atmosphère empreinte de simplicité et de proximité.
La journée s’est achevée par une séance de travail avec les entreprises engagées sur les différents chantiers. Autour du Ministre de l’Eau et de l’Énergie, les échanges ont permis de faire le point sur les niveaux d’avancement, les contraintes encore rencontrées et, surtout, les mesures à prendre pour tenir les échéances. Gaston Eloundou Essomba a demandé à chaque entreprise de renforcer sa mobilisation sur le terrain et de traduire les engagements annoncés en résultats concrets.
La mission du Ministre de l’Eau et de l’Énergie se poursuit jeudi 8 octobre 2026 avec une réunion consacrée à l’évaluation des actions menées au sein de la SOCADEL, dans le cadre de sa restructuration.
Urbain Claude NLATE
